L'ARRESTATION DE BEMBA REVELE LA DOUBLE NATURE DE LA CLASSE POLITIQUE « CONGOLAISE » Par Mufoncol Tshiyoyo Pourquoi les Congolais accusent-ils les Belges et la Belgique ou encore la CPI au lieu de se regarder dans les yeux et dénoncer courageusement l'hypocrisie et la « double » nature de sa « classe politique » qui s'est toujours détournée de son peuple et quémandeur d'une légitimité extérieur en se faisant parrainer par des puissants « tuteurs » dont la promotion et la défense de leurs intérêts constituent leur leitmotivs ? Qui a « crée » et placé Jean Pierre Bemba à la tête du Congo ? Qui sont ses parrains et pourquoi le seraient-ils devenus quand on sait qu'est parrain un « homme qui met son nom, son temps ou certaines de ses ressources au service de celui qui le sollicite et dans le cas en espèce celui qu'il a crée lui-même pour des raisons en sa faveur. Le parrain est « un homme qui cautionne l'intronisation (de quelqu'un au sein d'un groupe tel que « franc-maçonnerie, opus-dei, « prima-curia », rose-croix et bien d'autres encore.). Le « parrain » est un « chef (d'une organisation criminelle) dont l'objectif est la razzia permanente du Congo. La question que les Congolais devraient se poser aurait été de savoir ce que ferait le parrain si ses intérêts arrivaient à s'opposer à ceux de son protégé dont la soumission est d'abord acquise avant tout soutien du parrain à ce dernier ? Celui qui se soumet aux règles du jeu établies par son maître sans qu'il n'ait aucune possibilité d'inquiéter son protecteur demeure son esclave. Léo Strauss déclare qu'« il est juste de réduire en esclavage des hommes qui sont esclaves par nature […] Un homme est un esclave par nature s'il est trop stupide pour conduire lui-même sa vie ou s'il ne peut accomplir qu'un travail à peine supérieur à celui qu'accomplissent les bêtes de somme » (Strauss, 1964 :102). Face à un tel homme, le parrain de qui cet homme tire sa prétention à l'existence, le connaissant mieux, ne pourrait en aucun cas s'immoler à la satisfaction de son protégé qu'il considéré comme un simple chien de garde dressé par le maître pour la défense et la protection de sa demeure : le Congo. C'est ici qu'Etienne Tshisekedi se démarque de la meute quand bien même que sa tache de transformation de Congolais en une arme capable de conquête de pouvoir politique n'est pas achevée. Un « acteur » politique digne de ce nom, il est à noter que cette espèce est rarissime au Congo, est celui qui dépend d'abord du soutien de son peuple de qui il tire sa légitimité avant de la faire avaliser ou la faire reconnaître par le monde extérieur. Ce n'est pas le cas de l'ensemble de la classe politique congolaise en quête d'un maître autre que celui qui constituerait un paravent contre tout chantage extérieur : le peuple congolais. La classe politique et l'élite intellectuelle congolaises vivent accrochées aux dépens d'un ou de maîtres qui les écoute. Et même ceux qui se disent politiquement vierge emboitent le pas aux ainés qui jouent la dernière partition de leur compromission et oublient souvent qu'à toute créature fabriquée est réservée la même fin que ses prédécesseurs. Dans son article « ce que je pense de l'arrestation de Jean Pierre Bemba » publié par le journal congolais en ligne congoone.net, Kamana a l'air de s'étonner qu'un homme qui « dispose des soutiens solides et des parrains puissants, […] se retrouve neutralisé et mis hors course pour les « événements de Bangui ». Les Congolais se contentent de crier à l'équité, à la morale, ils pleurent et implorent la justice alors que « Le leadership des grandes puissances s'impose par la force et non par l'étique, par la pression médiatique et non par la droiture qui force le respect », écrit le sénégalais Mazide N'Diaye. Pourquoi faisons-nous toujours de la mauvaise lecture ? Kaya Makhele se demande pourquoi ce « masque de mémoires historiques. Pourquoi toujours ce destin à rebrousse-poil, à travers des turbulences sans cesse renouveler » ? Il est à la fois désolant et révoltant de parcourir certains communiqués de partis politiques congolais et de lire certains écrits d'intellectuels congolais qui appréhendent à travers les réalités du monde alors qu'elles sont clairement énoncées par leurs maîtres. Le Général De Gaulle disait que les Etats n'ont pas d'amis mais des intérêts lesquels passent avant la morale et l'équité. Mais qu'est- ce que les Belges et la Belgique ont à foutre avec les Congolais alors que la question de la survie de la Belgique et des Belges se pose avec acuité. Les Congolais n'ont jamais cessé d'être des Nègres, de « Y a bon Banania » à leurs yeux. Les Belges connaissent mieux l'élite congolaise et n'ont pas tort de penser que ce peuple mériterait mieux son sort actuel. Il ne pourrait en être autrement lorsque les Belges savent que ce peuple « n'a jamais été assez héroïque » (Mabanckou, 2007 : 121). Comment voulez-vous qu'il le soit lorsque son élite croit faire de l'opposition « institutionnelle » contre un régime de Kabila fabriqué par la Belgique et auprès de laquelle la même opposition « institutionnelle » trouve refuge ? Ceux qui croient se battre à l'intérieur du système ne sont que des collaborateurs du régime honni qu'ils pérennisent par leurs actions. Toutes ces belles interpellations parlementaires à Kinshasa, c'est du déjà vu dans ce pays mais pour quel résultat ? Pourquoi Tshisekedi ne refait pas cette expérience alors que lui et son parti y tirent leur origine ? « Cette guerre conduit à la mort » (Morin, 2008 :35). Ces tribuns aux beaux discours à la tribune d'institutions qualifiées « démocratiques » entretiennent le mythe et font passer le régime pour ce qu'il n'est pas : une ouverture « démocratique », voilà encore un « slogan hâbleur ». « Tout cela tient à la fois de la diversion, du divertissement, de l'évasion et du ressourcement mythico-imaginaire » (Morin, ibidem). Au lieu d'organiser des marches, de crier et de dénoncer dans les rues de Paris ou de Bruxelles ou encore à Mbandaka, l'élite congolaise devrait non seulement tirer des leçons appropriées mais surtout d'arrêter de se faire réifier. | |
Friday, May 30, 2008
L’ARRESTATION DE BEMBA REVELE LA DOUBLE NATURE DE LA CLASSE POLITIQUE « CONGOLAISE »
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